3 janvier 2014

Glaces Sojabio

J'étais chez mes parents pour Noël, lesquels habitent dans un coin de France à la densité démographique proche du zéro (avec tout de même, je vous le concède, trois habitants de plus au km² que la Creuse) : les Hautes-Alpes. Et là, ma mère m'annonce d'un air détaché qu'elle a dans le congélateur de la glace végétalienne achetée au supermarché du coin. "Tu l'as achetée ici ?" je lui dis d'un air ahuri. "Oui." "A Super U ?" "Oui, à Super U, tout à fait." "Au Super U d'Embrun ? Embrun, patelin de 6000 habitants, à comparer aux 140 000 habitants de chez moi, où les produits végétaliens disparaissent au lieu de se multiplier comme Jésus multipliait les pains ?" "Oui !!" 

La vie est injuste. Totalement, définitivement injuste.

[Avec cette histoire de multiplication des pains, indispensable interlude de Fernand Raynaud dans Monsieur l'Abbé est très gentil

"Mes bien chers frères, nous pouvons le dire, haut et fier, Jésus a fait des miracles et nous l'a prouvé. Pensez, mes bien chers frères, recueillez-vous quelques instants, et pensez, lorsque Jésus réussit à nourrir sept personnes avec 10 000 pains et 10 000 poissons."

Malheureusement, y'en avait un qui dormait pas au fond. Ca lui a fait comme un coup, y relève la tête: "Hé, ho, faut pas vous emballer, vous parlez d'un miracle ! Moi j'en aurais fait tout autant !"

Ca a jeté un froid dans l'église ! Alors là, j'ai admiré M. l'Abbé. Je me suis dit : quelle contenance va-t-il prendre ? Il n'a pas répondu. Il a fait celui qui n'avait pas entendu. La grande classe... il a enchaîné. Et le dimanche d'après : "Mes bien chers frères, en parlant de miracles, Jésus réussit à nourrir 10 000 personnes avec sept pains et sept poissons !" Y repère le gars de l'autre fois, et y fait : "Et ce coup-ci, vous, là, vous en auriez fait autant ? Hein ?"

"Ben oui, hé, avec les restes de la semaine dernière !" ]



La bonne et la mauvaise nouvelle, dans cette histoire de glaces, c'est qu'après avoir dûment testé les trois parfums disponibles, vanille, chocolat et mangue, j'ai dû admettre qu'à part la mangue qui n'est pas mal, c'était franchement pas terrible, et infiniment moins bon que mes glaces maison. 

Je soupçonne d'autre part qu'elles sortent de la même usine que les glaces Sojami, qui propose exactement les mêmes parfums (plus fraise et citron, j'avais testé citron au Paris Vegan Day 2011 et c'était plutôt bon).

La vanille est la plus bof, avec un goût prononcé de vanille synthétique bien qu'elle soit censée être naturelle (si c'est pas un miracle ça). Quant au chocolat, il est bizarrement acide, comme un frozen yogurt, yaourt glacé, ce que je n'attends pas d'une glace au chocolat, et qui s'explique par l'utilisation de soja lactofermenté. 

Toute cette déception gustative m'a consolée, jusqu'à ce que je tombe dans une coop bio toujours locale sur deux marques différentes de mayonnaise végétalienne, les Lupinenfilet (steaks de lupin) Alberts et de la MozzaRisella ! La vie est injuste, je vous dis.

26 décembre 2013

Noël, le retour

Alors voilà, c’était de nouveau Noël, un Noël en imperméable et bottes en caoutchouc. Je vous épargne les cadeaux cette année, moins culinaires que l’année dernière, à part une très jolie spatule en silicone et en bambou et un mignon petit tablier… Et sans oublier aussi ce splendide poêle à bois :





Mais je sais que ce qui vous intéresse vraiment, c’est  : qu’est-ce qu’on a mangé ? Alors, [avec la voix de Fernand Raynaud], on a mangé : les boulettes de lentilles, champignons et noix de Oh She Glows, accompagnées de leur sauce aux airelles et aux poires ; de la purée de pommes de terre avec une sauce aux oignons ; de la mâche avec une vinaigrette au vinaigre de Xérès ; de la tarte aux pommes et de la glace au Grand-Marnier.

Ma grand-mère, qui a il est vrai le cerveau légèrement ramolli, était persuadée que les boulettes c’était de la viande, et a demandé un certain nombre de fois qu’on lui resserve de la viande ou qu’on lui mette de la sauce sur sa viande. Bon, ça c’était avant qu’elle commence à s’amuser avec une serpe…





J’ai remplacé l’ail par de l’oignon, parce que l’association ail-airelles ne m’inspirait pas plus que ça, et éliminé le romarin que je n’aime pas particulièrement. Ah, et remplacé le kale, introuvable dans le coin, par du persil haché.

(pour environ 25 boulettes)

220 g de lentilles vertes crues
200 g de cerneaux de noix
500 g de champignons de Paris
1 oignon
90 g d’airelles (cranberries) séchées
100 g de petits flocons d’avoine
4 c. à soupe de graines de lin moulues + 6 c. à soupe d’eau
2 c. à soupe de vinaigre de Xérès
Persil haché
Huile d’olive
Origan
Thym
Sel

Mettre les lentilles dans une casserole, couvrir d’eau, ajouter du sel, ¼ d’oignon et du thym, couvrir et laisser cuire jusqu’à ce que les lentilles soient tendres en rajoutant de l’eau si nécessaire. Égoutter une fois que les lentilles sont cuites, puis écraser au presse-purée.

Mélanger les graines de lin et l’eau dans un bol et laisser reposer. Hacher séparément au mixer les airelles séchées et les noix, mettre de côté, puis mixer les flocons d’avoine pour obtenir une farine grossière.

Hacher le reste de l’oignon, et faire revenir dans une très grande poêle ou un grand faitout avec de l’huile d’olive. Laver les champignons, couper les pieds, et hacher au mixer. Ajouter aux oignons une fois qu’ils sont dorés, et faire revenir jusqu’à ce que les champignons aient rendu leur eau.




 Saler, ôter du feu, puis ajouter les lentilles, les flocons d’avoine, le mélange graines de lin – eau, les noix, les airelles, les herbes et le vinaigre de Xérès. Goûter pour vérifier que c’est assez salé.

Laisser un peu refroidir, et huiler légèrement une grande plaque à pâtisserie. Préchauffer le four à 180 °C en chaleur tournante.

Mouillez vos mains, et formez des boulettes, puis déposez-les sur la plaque à pâtisserie. 



Cuire 10 minutes, puis sortir la plaque, retourner les boulettes et laisser cuire encore 10 minutes. Servir chaud avec la sauce aux airelles. Très bon aussi froid avec la sauce le lendemain.


250 g d’airelles surgelées
1 grosse poire mûre
110 g de sucre blond
1 pincée de sel

Mettre tous les ingrédients dans une casserole, couvrir et laisser cuire jusqu’à épaississement. Peut se préparer plusieurs jours à l’avance.








** Tarte aux pommes ** 

 Pâte feuilletée vgl
5 pommes reinette
2 c. à soupe de sucre blond
2 c. à soupe de sucre complet
1 c. à soupe de jus de citron
4 c. à soupe d’eau
1 c. à soupe de Grand-Marnier

Peler les pommes, couper en morceaux et mettre dans une casserole avec les sucres, le jus de citron et l’eau. Couvrir et laisser cuire jusqu’à ce que les pommes soient tendres. Laisser refroidir.

Préchauffer le four à 180 °C . Foncer un moule à tarte avec la pâte, percer le fond à la fourchette, étaler la compote sur la pâte, et cuire 35 minutes à 180 °C. Laisser refroidir 15 minutes, puis arroser avec le Grand-Marnier.


** Glace au Grand-Marnier **

50 cl de lait de soja Soja Douceur et Calcium de Bjorg
12 cl de crème de coco
20 g d'arrow-root
100 g de sucre blond
1 c. à café d'extrait de vanille
4 c. à soupe de Grand-Marnier
20 gouttes d'huile essentielle d'orange douce
1 pincée de sel

Dans une casserole, délayer l'arrow-root avec le lait. Ajouter la crème de coco et le sucre, puis porter à ébullition en mélangeant au fouet jusqu'à ce que ça ait épaissi. Hors du feu, ajouter l'huile essentielle, le Grand-Marnier et la vanille. Verser dans un saladier et laisser refroidir, puis couvrir d'un film plastique et réfrigérer plusieurs heures avant de faire prendre en sorbetière.




14 décembre 2013

Red velvet crinkle cookies (The Sweet Life)

Ces petits biscuits moelleux aux couleurs du Père Noël sont une alliance entre deux pâtisseries bien connues outre Atlantique, le red velvet cake, un gâteau légèrement chocolaté et coloré en rouge, et les crinkle cookies, des cookies qu'on roule dans le sucre glace avant de les faire cuire pour créer un joli motif craquelé. Le cacao reste discret, et le goût de ces biscuits est assez difficile à définir, quelque chose d'assez doux et vanillé, avec peut-être une petite touche de réglisse.

La recette vient du blog The Sweet Life, via le vegan Christmas cookie swap actuellement en cours sur Keepin' it kind. 

Attention au colorant rouge, le E124 et E123 sont faits avec des cochenilles, et ne sont donc pas véganes. Vous pouvez y aller avec le E121, 128, 129, 160e, 163, 166, 172, 181. Et si tous ces E vous coupent un peu l'appétit, faites-les sans. Ils ne seront pas rouges, mais c'est pas très grave... 




 

Pour une douzaine de cookies


200 g de farine
10 g de cacao
1/4 c. à café de levure chimique
1 pincée de bicarbonate de soude
3 c. à soupe de chocolat blanc haché (Sweet William pour moi)
sel

70 g de margarine (j'ai mis moitié margarine allégée et moitié huile de coco)
110 g de sucre blond
80 g de compote de pommes non sucrée (maison si possible)
1/2 c. à café d'extrait de vanille
1/2 c. à café de vinaigre de cidre
colorant rouge

sucre glace

Mélanger ensemble farine, cacao, sel, levure et bicarbonate.

Mélanger séparément la margarine, le sucre et la vanille et travailler jusqu'à obtenir une texture crémeuse. Ajouter la compote de pommes (froide) en deux fois, bien mélange, puis ajouter le colorant alimentaire.

Ajouter les ingrédients secs et bien mélanger. Rajouter du colorant si la pâte n'est pas assez rouge.

Mettre au frais pendant une heure ou deux pour faire durcir la pâte.

Préchauffer le four à 180 °C. Couvrir une plaque à pâtisserie de papier cuisson ou d'une feuille de cuisson en silicone.

Mettre le sucre glace dans une assiette creuse, former des boules de pâte de la taille d'une grosse noix en les roulant entre vos paumes, passer chaque boule dans le sucre glace, puis poser sur la plaque de cuisson en espaçant suffisamment (les cookies vont s'étaler à la cuisson).


 
Cuire 12 minutes à 180 °C. Laisser refroidir sur une grille.




9 décembre 2013

Solitude des mangeurs de carottes

Vous devez trouver, mes lecteurs, que je vous abandonne un peu, ou même beaucoup, ces derniers temps. Pour me racheter, je voudrais aborder un sujet qui concerne malheureusement pas mal d'entre nous (vous me dites si je me trompe, comme ça je me sentirai encore plus mal et je penserai qu'en fait c'est juste moi qui ai un problème). J'ai nommé : le désert sentimental.

On devient végane pour toutes sortes de raisons, toutes excellentes évidemment, mais qui aboutissent à un résultat commun : on est plus franchement comme tout le monde. Ce qui, en soi, est selon moi une bonne chose, mais va venir compliquer un chouïa nos rapports, avec, euh, tout le monde, précisément, ou en tout cas pas mal de monde.

Et quand on a fait ça tout seul dans son coin, parce qu'il faut bien le dire, c'est quand même plus facile quand on a que soi à convaincre, eh bien, disons que c'est là que les ennuis commencent.

Après une période de célibat d’une longueur variable, parsemée de rencontres aussi brèves que, hum, foireuses, on décide alors (ou pas, hein, c’est vous qui voyez…) de se lancer dans une grande aventure : les rencontres en ligne.

Là, plusieurs possibilités s’offrent à vous : soit vous envisagez avec difficulté le fait de vivre (et éventuellement de procréer) avec quelqu’un d’autre qu’un végane ou un végétalien. Dans ce cas, c’est simple, il ne vous reste plus qu’à trouver la perle rare (= quelqu’un qui vous plait et à qui vous plaisez), et je vous souhaite beaucoup de courage dans cette entreprise qui pourrait bien s’avérer être, comment dire… l’œuvre d’une vie.

Soit vous décidez de tenter le coup avec des omnivores ou des végétariens, parce que c’est pas bien d’être sectaire et replié sur ses convictions, que cette personne a l’air sympathique et ouverte d’esprit, et que comme dit toujours votre grand-tante Gisèle, qui ne tente rien n’a rien.

Première option : l’omnivore a priori « intéressé » par votre « démarche ». Ou du moins, c’est ce qu’il a affirmé lorsque vous avez dialogué. Ca va se gâter assez vite. On constate quand on le rencontre que soit l’individu en question n’avait tout simplement pas bien saisi le concept du véganisme (faites un dessin la prochaine fois, c’est plus sûr...), soit qu’il a juste fait semblant d’être intéressé parce que à la base, ce qu’il veut, c’est vous mettre dans son lit, et qu’il n’en a absolument rien à secouer de vos beaux principes. S’ensuivra alors une litanie de lieux communs à base de lions mangeant des gazelles, de cris de carottes, de carences en protéines, de sectes et d’impuissance sexuelle, sans oublier bien sûr le fait que c’est très mal d’imposer des choses à ses enfants. Genre, dès qu’il sait marcher, le gamin, tu lui files les clés de la voiture, comme ça, il va au supermarché faire ses courses, et il achète ce dont il a envie. Et s’il a envie de se cuisiner un cassoulet, eh ben il se cuisine un cassoulet. Parfaitement. C’est ça, ma petite dame, l’éducation moderne. Quelle idée, vouloir transmettre ses valeurs les plus essentielles à ses enfants, vraiment…

Deuxième option : le végétarien. Alors je ne doute absolument pas que l’immense majorité des végétariens se comportent de façon amicale lorsqu’ils sont faces à un végane, mais j’ai malgré tout constaté que certains d’entre eux se montraient encore beaucoup plus agressifs et sur la défensive qu’un bon vieil omnivore. Ce qui est finalement assez logique : l’omnivore ne se sent pas franchement concerné, il peut donc vous considérer (parfois) avec bienveillance, à condition que vous n’essayiez pas de le « convertir », hein, faut pas pousser non plus. Le végétarien, lui, est face à une personne qui a en général suivi la même démarche que lui mais est allée au bout (ben oui, je vais encore me faire des copains, mais le véganisme, ce n’est pas de l’extrémisme, c’est de la cohérence, rien de plus). Et qui donc lui rappelle, même sans le vouloir, que lui, il n’y est pas allé, au bout. D’où une nouvelle litanie où s’entremêleront cette fois joyeusement les vaches qui font joli dans les prés, les moutons qui mangent l’herbe dans la montagne parce que sinon, ça va pousser et alors on pourra plus aller où on veut comme on veut, les chaussures sans cuir qui font transpirer, les pulls sans laine qui tiennent pas chaud, et le fromage de la ferme d’à côté qui est si bon et ils sont très gentils avec leurs chèvres, d’abord. Gageons que là aussi, après peut-être une tentative de discussion si vous êtes dans un bon jour, les choses vont se terminer assez prématurément.

Troisième option, de très loin la pire : l’ancien végétarien/végétalien (il doit exister d’anciens véganes, mais c’est plus rare). Tout plein de naïveté et d’innocence, vous vous êtes dit que c’était quelqu’un avec qui vous aviez des tas de choses en commun, et qu’il n’aurait sûrement besoin que d’un léger encouragement pour repartir dans la bonne voie. Ha. Quelle bonne blague. Il n’y a rien de pire qu’un ex-végé. Parce qu’il a essayé, et qu’il a laissé tomber. Et ce, pour une foule de raisons, mais maintenant, il veut absolument vous démontrer par a+b que ça n’est pas possible. En niant plus ou moins au passage votre existence et celle des millions d’autres végéta*iens présents sur la planète. En général, il vous exposera une théorie fumeuse comme quoi l’absence de je ne sais trop quelle molécule obscure qui n’est présente que dans la viande entraine la fonte des muscles, si, c’est vrai, c’est son médecin généraliste qui lui a dit (le problème n’étant bien sûr pas du tout qu’il ne se nourrissait que de laitue et de haricots verts…). Il conserve tout de même un petit fond de culpabilité (du moins si les raisons de son végétarisme avaient une base éthique) et aura à cœur de vous convaincre qu’il a essayé mais que ça n’est pas possible, et que donc il est, quand même, quelqu’un de formidable.

***

Demain, pour me réconcilier avec Noël qui approche et qui est toujours un agréable moment à passer pour les célibataires, je vous fais des petits biscuits rouges et blancs très jolis à mettre sous le sapin. 



20 novembre 2013

Tarte aux pommes et à l'orange

On ne pense pas souvent à associer la pomme et l'orange, mais ça va pourtant très bien ensemble. Faites simplement attention à choisir des pommes acidulées et qui fondent à la cuisson (les différentes variétés de reinettes sont les meilleures pour les tartes), surtout pas des golden ou des gala ou toute autre variété de pommes sucrées et peu acides, qui donneront un résultat fadasse. Les pommes doivent contraster avec la douceur de la crème et la légère pointe d'amertume apportée par l'orange.

Si vous ne voulez pas utiliser d'alcool, remplacez le Grand-Marnier ou le Cointreau par du jus d'orange fraîchement pressé.









1 pâte feuilletée végétalienne (Croustipâte fait maintenant de la pâte feuilletée sans huile de palme)
3 à 4 pommes acides (reinettes)

Crème pâtissière : 

30 g de poudre Impérial (ou de fécule, augmenter dans ce cas la quantité de vanille)
50 g de sucre blond
8 cl de lait de coco
30 cl de lait de soja (Soja Douceur et Calcium Bjorg pour moi)
1 pincée de sel
1 c. à café d'extrait de vanille

2 c. à soupe de Grand-Marnier ou de Cointreau
8 gouttes d'huile essentielle d'orange douce ou d'arôme naturel
1 c. à café de jus de citron


Préparer la crème pâtissière : mettre la poudre ou la fécule dans une casserole avec le sucre et le sel. Délayer avec le lait de coco en évitant les grumeaux, puis ajouter le lait de soja et la vanille.

Porter à ébullition en remuant fréquemment au fouet pour éviter que ça attache. Ôter du feu dès que la crème a épaissi.

Ajouter le Grand-Marnier ou le Cointreau, l'huile essentielle et le jus de citron. Laisser refroidir.

Préchauffer le four à 190°C.

Foncer un moule à tarte avec la pâte, piquer le fond à la fourchette, étaler la crème refroidie dessus, puis terminer avec les pommes pelées et coupées en quartiers fins.

Cuire 35 à 40 min. à 190 °C. Pour faire briller, vous pouvez passer de la gelée de coings ou d'abricots au pinceau une fois la tarte refroidie (tarte meilleure froide).


25 octobre 2013

Festival Salamandre 2013



Le week-end dernier, j’étais (de nouveau) au Festival Salamandre, à Morges, à côté de Lausanne. J’ai (de nouveau) (mal) dormi dans l’abri antiatomique, grande spécialité suisse s’il en est, et qui me laisse toujours assez perplexe parce que je préférerais clairement en finir tout de suite plutôt que passer des mois coincée dans ce genre de trou à rats à manger des raviolis en conserve à même la boîte (pardon, petits rats, vos trous doivent probablement être nettement plus chaleureux et accueillants que les bunkers suisses).




Pas de cuisine cette fois-ci, j’ai fait barmaid. Servi environ un milliard de cafés, thés, jus de pomme fraîchement pressés (un délice), bières, sirops, eaux plates, eaux gazeuses (en Suisse, on a le choix entre l’eau "naturelle", sans bulles, "légère", avec un peu de bulles, et "gazéifiée", avec des tas de bulles) et gâteaux divers et variés. 

J'ai également découvert l'existence de l'énigmatique "café renversé", qui contrairement à ce qu'on pourrait croire ne consiste pas en un café bien chaud renversé sur la tête du client mais, selon Wikipédia et la dame qui m'a commandé ça et que j'ai fait répéter trois fois, en un "café servi avec plus de lait que de café". Un latte, quoi, en bon français. Un monsieur a ensuite essayé le jus de pomme renversé directement sur le bar et dans la caisse enregistreuse, une boisson qui, il faut l'avouer, produit son petit effet, à défaut de désaltérer. 




Au petit déjeuner, apparition d'un cousin germain de la Marmite britannique et de la Vegemite australienne, le Cenovis, une pâte brune et très salée à base de levure de bière et d'extraits de légumes. C'est végane, donc, mais comme le laisse entendre le slogan publicitaire de la Marmite, "Love it or hate it", ça ne plait pas forcément à tout le monde.

J'ai même réussi à voir deux films, dont cette merveille produite par la BBC. A part un passage difficile où un ours polaire se met à avaler des petites bernaches comme des cachous mais sera finalement chassé par un courageux escadron de labbes et de sternes arctiques, on vole au milieu des oies sauvages, on tournoie au-dessus d'Istambul avec les grues cendrées, et on voit un aigle royal écossais se faire ridiculiser par deux corneilles, des fous de Bassan se transformer en supersonique, et un épervier sortir bredouille et complètement étourdi d'un immense nuage d'étourneaux, illuminés par le soleil couchant. 

Je suis repartie le dimanche soir avec le traditionnel t-shirt, de beaux souvenirs et les pieds en compote.








2 octobre 2013

Feuilletés aux poires et aux amandes

Dimanche, dans l'après-midi, j'ai eu une subite et terrible envie de tarte aux poires et aux amandes, qui partage dans mon coeur la place de favorite avec la tarte au citron et la (regrettée car pas encore véganisée avec succès à ce jour) tarte aux groseilles meringuée de ma soeur.

Le non-végétalien se serait alors mis en quête d'une pâtisserie ouverte le dimanche et n'ayant pas vendu toutes ses tartes aux poires. Le végétalien en possession de poires aurait filé à la cuisine pour allumer le four. Mais hélas, trois fois hélas, chez moi, pas de poires. D'autant qu'elles sont fourbes, les poires, du genre à devenir blettes dès qu'on a le dos tourné tout en affichant un extérieur toujours parfait, (quoique pas aussi fourbes que le plat d'avocats posé actuellement sur ma table et en train de passer aussi silencieusement que sournoisement de la texture caillou à tout noir dedans sans jamais me laisser la moindre chance). 

Alors vous vous attendez peut-être à un miracle, des poires sont apparues soudainement, flottant dans l'air, auréolées d'une lueur divine et accompagnées d'une musique de circonstance. Un genre de génération spontanée de matière végétale par la seule force de la pensée. En fait il ne s'est rien passé de spécial (oui je sais, c'est nul comme chute), et j'ai fait une croix sur ma tarte jusqu'à hier, jour du marché. 

Et une fois en possession de ces sacrées poires, des Williams, juste mûres comme il faut, l'idée de tarte m'a finalement parue assez peu créative. Parce que l'important, l'essence même du concept, c'est surtout l'alliance des poires juteuses et légèrement acidulée et de la douceur crémeuse des amandes, juste accentuées par un peu d'amande amère. Voilà donc des feuilletés, avec nos poires couchées sur un lit de frangipane et enveloppées de pâte feuilletée dorée et croustillante. La frangipane est une version modifiée de celle de la tarte aux abricots de Vegan Desserts d'Hannah Kaminsky. 






(pour 4 feuilletés)

1 rouleau de pâte feuilletée vgl

2 poires Williams mûres

Frangipane : 

50 g de poudre d'amandes
25 g d'huile de coco
50 g de sucre blond
1 c. à soupe de graines de lin moulues + 3 c. à soupe de lait végétal
1/4 de c. à café d'extrait d'amande amère
1 c. à café bombée de farine
1 pincée de sel
1 c. à soupe d'amaretto

Mélanger les graines de lin et le lait dans un petit bol et laisser reposer 5 minutes. 

Mélanger sucre et huile de coco fondue, puis ajouter les graines de lin, l'arôme, l'amaretto, la farine et le sel. Bien mélanger. 

Préchauffer le four à 180 °C. 

Sortir la pâte feuilletée. Poser sur une plaque à pâtisserie en laissant le papier. Couper les bords arrondis pour obtenir un carré. 


Couper le carré en 4 carrés. 


Répartir la frangipane sur les carrés de pâte, en évitant les coins. 



Couper les poires en deux, et enlever délicatement le coeur avec un petit couteau pointu. 


Retourner et peler le plus fin possible (le mieux pour ça, l'épluche-légumes en U).


Poser sur une assiette et couper en éventail en laissant le haut intact, et un peu en biais, puis transférer sur le carré de pâte. 


Replier les coins de la pâte sur les poires. 


Passer un peu de lait de soja au pinceau sur la pâte pour dorer. Cuire 30 à 35 minutes à 180 °C. Laisser refroidir complètement avant de manger (presque meilleurs le lendemain).