28 janvier 2014

Test : glace Naturattiva

Je ne sais pas si vous faites ça aussi, mais j'adore découvrir de nouveaux produits véganes quand je fais mes courses. L'excitation est à son comble quand je repère un truc susceptible de l'être au supermarché, excitation qui retombe en général aussi vite une fois que la liste des ingrédients aura révélé quelque chose de non consommable. Les véganes doivent avoir une zone du cerveau extrêmement développée, leur permettant de scanner à la vitesse de la lumière des quantités d'ingrédients et d'y repérer illico l'intrus.

Une autre chose que je fais, et qui frise probablement le trouble obsessionnel compulsif, c'est de vérifier régulièrement les ingrédients de choses que j'aimais et que je ne peux plus acheter, des fois qu'ils se soient enfin décidés à végétaliser tout ça, suite par exemple au gentil courrier que je leur ai envoyé. Vous pouvez vous moquer, mais ça a déjà marché. Une fois. Avec les gnocchis Lustucru. Et comme disent les Shadoks, plus ça rate, plus on a de chances que ça réussisse. En ce moment, je me concentre sur les biscuits Gerblé, mais pour l'instant ça ne donne pas grand-chose, les fichues protéines de lait refusent de disparaître de la liste.

Et donc, l'autre jour, en fouillant, je tombe dans l'un de mes magasins bio (L'Eau Vive) sur des gros pots de glace végétale italienne à base de riz, de la marque Naturattiva. Je suis repartie avec, bien sûr, me sacrifiant encore une fois pour la science. J'ai pris le parfum chocolat (il y avait aussi framboise), mais c'est ce que les Italiens appellent "gelato bianco", une base neutre, un peu comme la glace McDonalds, avec un parfum ajouté sous forme de, euh, marbrure, on va dire. La texture est extra, très onctueuse, rien à voir avec les malheureuses glaces Sojabio de Noël. Le goût est assez neutre, mais agréable. C'est une glace à manger avec des ajouts, chocolat fondu, sauce butterscotch, noix ou amandes grillées, pralin, marshmallows, ou à servir avec une tarte ou un brownie encore tiède.

Il y a plein d'autres variétés sur le site de la société, à base de riz ou de soja, pour rêver en italien de cônes, d'esquimaux et de sundaes...









19 janvier 2014

Grand test géant de fromages végétaux : part 1

Ca va faire à peu près trois ans que je suis végane. Depuis septembre 2010, en gros. Ok, depuis un soir de septembre 2010 où je suis sortie boire un petit coup avec des amis, ce qui s'est terminé dans un resto sans aucune option végétalienne en vue, où j'ai fini par commander un plat de pâtes avec du fromage, par timidité, lâcheté, et manque de confiance dans mes toutes nouvelles convictions. J'ai regretté chaque bouchée, et ça a été pour moi la toute, toute dernière fois.

Donc, trois ans sans fromage, à part quelques fromages végétaliens faits maison comme ce soft gruyère de Miyoko Schiner ou la feta d'amandes de Maple Spice, et un peu de Vegusto testé dans l'assiette d'un ami au Loving Hut de Paris. Et pour être vraiment, totalement honnête, eh ben à part peut-être les premières semaines, ça ne m'a pas manqué. Jusqu'à ce que je tombe récemment, au détour d'un blog US, sur une photo de lasagnes végétales recouvertes de fromage Vegusto gratiné. Une envie soudaine m'a saisie, et je me suis dit que j'avais tout de même parfaitement le droit de me commander des fromages végétaux en ligne, que oui, le bilan carbone n'est pas top avec le transport et l'emballage isolant en polystyrène, mais qu'il y en a vraiment marre de rien trouver sur place et que c'est quand même pas de ma faute si tout le monde ici se fout de savoir d'où viennent leurs produits laitiers et ce que ça occasionne comme souffrance.

Bref, je me suis un peu énervée toute seule chez moi, et après ça je me suis fait une grosse belle commande chez Un Monde Vegan. Comme il y a pas mal de choses, plus cette fameuse MozzaRisella trouvée à Noël dans les Hautes-Alpes (!!), je vais vous communiquer mes impressions en deux fois.







* Premier candidat Sheese : le Medium cheddar style (photo 1, en haut à droite). Ressemble bien à du cheddar de bonne qualité, le cheddar pouvant désigner au Royaume-Uni des substances allant du fromage artisanal à un bloc huileux et caoutchouteux, coloré au choix en jaune ou en orange. Un peu comme le "gruyère" chez nous, en somme.

La texture est très ferme, et c'est pas la peine d'essayer de le faire fondre, mais en même temps il n'est pas présenté comme melty, fondant. Echec total au test du grilled cheese sandwich. A réserver donc plutôt à des sandwichs non grillés. Bonus : la boite refermable x fois (et ça marche vraiment). Note : 7/10. 


* Chives in creamy Sheese (photo 1, en bas à droite). Un genre de Tartare / Boursin. Pas mal, mais il y a un très léger arrière-goût amer qui me gêne un peu. Note : 6/10.

* Vegusto Mild (No-Muh, Classic) (photo 2, en haut à gauche). Là, je dis, chapeau les Suisses. C'est bon. Ca a du goût sans en avoir trop. Je ne sais pas trop à quoi le comparer côté fromage animal, peut-être un gruyère suisse, mais au fond on s'en fiche un peu. 

Un seul tout petit, minuscule bémol : il ne fond pas. Sur des pâtes ou dans une sauce, il se ramollit gentiment, ce qui est très suffisant. Passé au four sur une pizza ou un gratin, il a plutôt tendance à se dessécher, et je suggérerais de l'ajouter râpé à la sortie du four. Note : 9,5/10.

Test de la pizza, avant/après. 






Ca aussi, c'est bien bon. Plus de goût qu'une mozza animale, plus salé et moins élastique. Certainement parfait pour faire des tomates-mozza-basilic l'été, surtout avec la très légère note poivrée en arrière-plan.


Au test de la pizza par contre, je suis pas totalement convaincue. La MozzaRisella se liquéfie plus qu'elle ne fond, mais pas mal du tout quand même.


 Bilan : à utiliser plutôt dans sandwichs, salades, et éventuellement paninis. Note : 9/10.


MozzaRisella, caviar de tomates séchées, 
roquette et pousses d'épinard


La suite quand j'aurai testé le reste...

12 janvier 2014

Tartelettes aux framboises

Un grand classique de pâtisserie, à consommer sans modération à la saison des framboises, et toute l'année grâce aux framboises surgelées. Promis, ça sera tout aussi bon, et plus reposant que de partir à la chasse aux framboises.

Ce joli fruit, comme vous savez, pousse sur des espèces de grandes tiges décorées de petits piquants assez peu sympathiques et pouvant devenir franchement hostiles lorsque l'intégralité du carré de framboises, harcelé par une bande d'amours-en-cage, décide de changer de place et d'aller s'installer à l'endroit le plus pentu et le plus glissant du jardin. Sans parler des framboises "punaisées", sur lesquelles une de ces crapules de punaises vertes a décidé de faire un petit tour et de laisser son odeur si caractéristique.





(pour 4 tartelettes)


Pâte sablée : 

125 g de farine blanche
75 g de margarine « spécial pâtisserie » (ici de la Vitaquell Cuisine-Pâtisserie)
20 g d’amandes en poudre
40 g de sucre glace
1 c. à café de substitut d'oeuf Orgran
2 mesures « c. à soupe » (3 cl) d’eau froide
¼ de c. à café de sel
¼ de c. à café de gousse de vanille en poudre

Crème pâtissière : 

35 g de poudre Impérial ou de Maïzena (ajoutez plus de vanille dans ce cas)
50 g de sucre blond
10 cl de lait de coco
40 cl de lait de soja Bjorg Soja Douceur
1 pincée de sel
1/2 c. à café d'extrait de vanille ou de vanille en poudre

Framboises fraîches ou surgelées (si surgelées, ne pas les faire décongeler avant de les mettre sur les tartelettes)

Gelée de groseilles ou de framboises


** Préparer la pâte sablée (peut se faire 2 ou 3 trois jours à l'avance : sortir la margarine à l'avance pour la laisser ramollir un peu.

Mélanger le substitut d’œuf et l’eau dans un petit bol. Ajouter le sucre et la vanille à la margarine et travailler à la cuillère. Ajouter le mélange eau + substitut d’œuf, et bien incorporer.

Mélanger séparément sel, farine et poudre d’amandes, et ajouter au reste des ingrédients. Si c’est trop sec, ajouter un tout petit peu d’eau. Vous devez obtenir de grosses miettes, que vous allez rassembler en une boule avec vos mains. Ne pas pétrir, pour garder le croquant de la pâte.

Couvrir la pâte d'un film plastique et réfrigérer au moins deux heures.

Au moment de vous en servir, sortez la pâte, coupez-la en quatre morceaux égaux. Huilez très légèrement quatre moules à tartelettes, déposez un morceau de pâte dans chaque moule, et étalez la pâte avec les doigts, en saupoudrant un peu de farine pour éviter que ça colle. Bien faire remonter la pâte sur les bords du moule.

Piquer le fond avec une fourchette, et cuire à blanc 30 minutes dans un four préchauffé à 180 °C, jusqu’à ce que le fond soit bien doré. 
Laisser refroidir 10 minutes puis démouler délicatement et faire refroidir sur une grille. 

** Préparer la crème pâtissière, qui peut aussi être faite à l'avance : mettre le sucre, le sel et la poudre Impérial dans une casserole.
Délayer avec le lait de coco, puis ajouter le lait de soja. Faire chauffer à feu doux en remuant avec un fouet. Une fois que la crème a épaissi, ôter du feu et ajouter le jus de citron et la vanille.
Laisser refroidir, puis mettre au frais au moins trois heures. 

** Préparation des tartelettes :

Mettre une bonne couche de crème sur chaque coque de pâte. Répartir les framboises par-dessus, fraîches ou encore congelées. 

Mettre la gelée (environ 3 cuillères à soupe) dans un bol, et passer 20 secondes au micro-ondes pour la liquéfier. Glacer les framboises au pinceau avec la gelée. 

Si vous utilisez des framboises surgelées, attendez alors une demi-heure avant de vous jeter sur vos tartelettes, le temps que les fruits décongèlent. Evitez par contre de les préparer trop à l'avance, parce que les fruits surgelés ont tendance à rendre beaucoup de jus, ce qui risque de détremper la pâte de vos tartelettes.



3 janvier 2014

Glaces Sojabio

J'étais chez mes parents pour Noël, lesquels habitent dans un coin de France à la densité démographique proche du zéro (avec tout de même, je vous le concède, trois habitants de plus au km² que la Creuse) : les Hautes-Alpes. Et là, ma mère m'annonce d'un air détaché qu'elle a dans le congélateur de la glace végétalienne achetée au supermarché du coin. "Tu l'as achetée ici ?" je lui dis d'un air ahuri. "Oui." "A Super U ?" "Oui, à Super U, tout à fait." "Au Super U d'Embrun ? Embrun, patelin de 6000 habitants, à comparer aux 140 000 habitants de chez moi, où les produits végétaliens disparaissent au lieu de se multiplier comme Jésus multipliait les pains ?" "Oui !!" 

La vie est injuste. Totalement, définitivement injuste.

[Avec cette histoire de multiplication des pains, indispensable interlude de Fernand Raynaud dans Monsieur l'Abbé est très gentil

"Mes bien chers frères, nous pouvons le dire, haut et fier, Jésus a fait des miracles et nous l'a prouvé. Pensez, mes bien chers frères, recueillez-vous quelques instants, et pensez, lorsque Jésus réussit à nourrir sept personnes avec 10 000 pains et 10 000 poissons."

Malheureusement, y'en avait un qui dormait pas au fond. Ca lui a fait comme un coup, y relève la tête: "Hé, ho, faut pas vous emballer, vous parlez d'un miracle ! Moi j'en aurais fait tout autant !"

Ca a jeté un froid dans l'église ! Alors là, j'ai admiré M. l'Abbé. Je me suis dit : quelle contenance va-t-il prendre ? Il n'a pas répondu. Il a fait celui qui n'avait pas entendu. La grande classe... il a enchaîné. Et le dimanche d'après : "Mes bien chers frères, en parlant de miracles, Jésus réussit à nourrir 10 000 personnes avec sept pains et sept poissons !" Y repère le gars de l'autre fois, et y fait : "Et ce coup-ci, vous, là, vous en auriez fait autant ? Hein ?"

"Ben oui, hé, avec les restes de la semaine dernière !" ]



La bonne et la mauvaise nouvelle, dans cette histoire de glaces, c'est qu'après avoir dûment testé les trois parfums disponibles, vanille, chocolat et mangue, j'ai dû admettre qu'à part la mangue qui n'est pas mal, c'était franchement pas terrible, et infiniment moins bon que mes glaces maison. 

Je soupçonne d'autre part qu'elles sortent de la même usine que les glaces Sojami, qui propose exactement les mêmes parfums (plus fraise et citron, j'avais testé citron au Paris Vegan Day 2011 et c'était plutôt bon).

La vanille est la plus bof, avec un goût prononcé de vanille synthétique bien qu'elle soit censée être naturelle (si c'est pas un miracle ça). Quant au chocolat, il est bizarrement acide, comme un frozen yogurt, yaourt glacé, ce que je n'attends pas d'une glace au chocolat, et qui s'explique par l'utilisation de soja lactofermenté. 

Toute cette déception gustative m'a consolée, jusqu'à ce que je tombe dans une coop bio toujours locale sur deux marques différentes de mayonnaise végétalienne, les Lupinenfilet (steaks de lupin) Alberts et de la MozzaRisella ! La vie est injuste, je vous dis.

26 décembre 2013

Noël, le retour

Alors voilà, c’était de nouveau Noël, un Noël en imperméable et bottes en caoutchouc. Je vous épargne les cadeaux cette année, moins culinaires que l’année dernière, à part une très jolie spatule en silicone et en bambou et un mignon petit tablier… Et sans oublier aussi ce splendide poêle à bois :





Mais je sais que ce qui vous intéresse vraiment, c’est  : qu’est-ce qu’on a mangé ? Alors, [avec la voix de Fernand Raynaud], on a mangé : les boulettes de lentilles, champignons et noix de Oh She Glows, accompagnées de leur sauce aux airelles et aux poires ; de la purée de pommes de terre avec une sauce aux oignons ; de la mâche avec une vinaigrette au vinaigre de Xérès ; de la tarte aux pommes et de la glace au Grand-Marnier.

Ma grand-mère, qui a il est vrai le cerveau légèrement ramolli, était persuadée que les boulettes c’était de la viande, et a demandé un certain nombre de fois qu’on lui resserve de la viande ou qu’on lui mette de la sauce sur sa viande. Bon, ça c’était avant qu’elle commence à s’amuser avec une serpe…





J’ai remplacé l’ail par de l’oignon, parce que l’association ail-airelles ne m’inspirait pas plus que ça, et éliminé le romarin que je n’aime pas particulièrement. Ah, et remplacé le kale, introuvable dans le coin, par du persil haché.

(pour environ 25 boulettes)

220 g de lentilles vertes crues
200 g de cerneaux de noix
500 g de champignons de Paris
1 oignon
90 g d’airelles (cranberries) séchées
100 g de petits flocons d’avoine
4 c. à soupe de graines de lin moulues + 6 c. à soupe d’eau
2 c. à soupe de vinaigre de Xérès
Persil haché
Huile d’olive
Origan
Thym
Sel

Mettre les lentilles dans une casserole, couvrir d’eau, ajouter du sel, ¼ d’oignon et du thym, couvrir et laisser cuire jusqu’à ce que les lentilles soient tendres en rajoutant de l’eau si nécessaire. Égoutter une fois que les lentilles sont cuites, puis écraser au presse-purée.

Mélanger les graines de lin et l’eau dans un bol et laisser reposer. Hacher séparément au mixer les airelles séchées et les noix, mettre de côté, puis mixer les flocons d’avoine pour obtenir une farine grossière.

Hacher le reste de l’oignon, et faire revenir dans une très grande poêle ou un grand faitout avec de l’huile d’olive. Laver les champignons, couper les pieds, et hacher au mixer. Ajouter aux oignons une fois qu’ils sont dorés, et faire revenir jusqu’à ce que les champignons aient rendu leur eau.




 Saler, ôter du feu, puis ajouter les lentilles, les flocons d’avoine, le mélange graines de lin – eau, les noix, les airelles, les herbes et le vinaigre de Xérès. Goûter pour vérifier que c’est assez salé.

Laisser un peu refroidir, et huiler légèrement une grande plaque à pâtisserie. Préchauffer le four à 180 °C en chaleur tournante.

Mouillez vos mains, et formez des boulettes, puis déposez-les sur la plaque à pâtisserie. 



Cuire 10 minutes, puis sortir la plaque, retourner les boulettes et laisser cuire encore 10 minutes. Servir chaud avec la sauce aux airelles. Très bon aussi froid avec la sauce le lendemain.


250 g d’airelles surgelées
1 grosse poire mûre
110 g de sucre blond
1 pincée de sel

Mettre tous les ingrédients dans une casserole, couvrir et laisser cuire jusqu’à épaississement. Peut se préparer plusieurs jours à l’avance.








** Tarte aux pommes ** 

 Pâte feuilletée vgl
5 pommes reinette
2 c. à soupe de sucre blond
2 c. à soupe de sucre complet
1 c. à soupe de jus de citron
4 c. à soupe d’eau
1 c. à soupe de Grand-Marnier

Peler les pommes, couper en morceaux et mettre dans une casserole avec les sucres, le jus de citron et l’eau. Couvrir et laisser cuire jusqu’à ce que les pommes soient tendres. Laisser refroidir.

Préchauffer le four à 180 °C . Foncer un moule à tarte avec la pâte, percer le fond à la fourchette, étaler la compote sur la pâte, et cuire 35 minutes à 180 °C. Laisser refroidir 15 minutes, puis arroser avec le Grand-Marnier.


** Glace au Grand-Marnier **

50 cl de lait de soja Soja Douceur et Calcium de Bjorg
12 cl de crème de coco
20 g d'arrow-root
100 g de sucre blond
1 c. à café d'extrait de vanille
4 c. à soupe de Grand-Marnier
20 gouttes d'huile essentielle d'orange douce
1 pincée de sel

Dans une casserole, délayer l'arrow-root avec le lait. Ajouter la crème de coco et le sucre, puis porter à ébullition en mélangeant au fouet jusqu'à ce que ça ait épaissi. Hors du feu, ajouter l'huile essentielle, le Grand-Marnier et la vanille. Verser dans un saladier et laisser refroidir, puis couvrir d'un film plastique et réfrigérer plusieurs heures avant de faire prendre en sorbetière.




14 décembre 2013

Red velvet crinkle cookies (The Sweet Life)

Ces petits biscuits moelleux aux couleurs du Père Noël sont une alliance entre deux pâtisseries bien connues outre Atlantique, le red velvet cake, un gâteau légèrement chocolaté et coloré en rouge, et les crinkle cookies, des cookies qu'on roule dans le sucre glace avant de les faire cuire pour créer un joli motif craquelé. Le cacao reste discret, et le goût de ces biscuits est assez difficile à définir, quelque chose d'assez doux et vanillé, avec peut-être une petite touche de réglisse.

La recette vient du blog The Sweet Life, via le vegan Christmas cookie swap actuellement en cours sur Keepin' it kind

Attention au colorant rouge, le E124 et E123 sont faits avec des cochenilles, et ne sont donc pas véganes. Vous pouvez y aller avec le E121, 128, 129, 160e, 163, 166, 172, 181. Et si tous ces E vous coupent un peu l'appétit, faites-les sans. Ils ne seront pas rouges, mais c'est pas très grave... 




 

Pour une douzaine de cookies


200 g de farine
10 g de cacao
1/4 c. à café de levure chimique
1 pincée de bicarbonate de soude
3 c. à soupe de chocolat blanc haché (Sweet William pour moi)
sel

70 g de margarine (j'ai mis moitié margarine allégée et moitié huile de coco)
110 g de sucre blond
80 g de compote de pommes non sucrée (maison si possible)
1/2 c. à café d'extrait de vanille
1/2 c. à café de vinaigre de cidre
colorant rouge

sucre glace

Mélanger ensemble farine, cacao, sel, levure et bicarbonate.

Mélanger séparément la margarine, le sucre et la vanille et travailler jusqu'à obtenir une texture crémeuse. Ajouter la compote de pommes (froide) en deux fois, bien mélange, puis ajouter le colorant alimentaire.

Ajouter les ingrédients secs et bien mélanger. Rajouter du colorant si la pâte n'est pas assez rouge.

Mettre au frais pendant une heure ou deux pour faire durcir la pâte.

Préchauffer le four à 180 °C. Couvrir une plaque à pâtisserie de papier cuisson ou d'une feuille de cuisson en silicone.

Mettre le sucre glace dans une assiette creuse, former des boules de pâte de la taille d'une grosse noix en les roulant entre vos paumes, passer chaque boule dans le sucre glace, puis poser sur la plaque de cuisson en espaçant suffisamment (les cookies vont s'étaler à la cuisson).


 
Cuire 12 minutes à 180 °C. Laisser refroidir sur une grille.




9 décembre 2013

Solitude des mangeurs de carottes

Vous devez trouver, mes lecteurs, que je vous abandonne un peu, ou même beaucoup, ces derniers temps. Pour me racheter, je voudrais aborder un sujet qui concerne malheureusement pas mal d'entre nous (vous me dites si je me trompe, comme ça je me sentirai encore plus mal et je penserai qu'en fait c'est juste moi qui ai un problème). J'ai nommé : le désert sentimental.

On devient végane pour toutes sortes de raisons, toutes excellentes évidemment, mais qui aboutissent à un résultat commun : on est plus franchement comme tout le monde. Ce qui, en soi, est selon moi une bonne chose, mais va venir compliquer un chouïa nos rapports, avec, euh, tout le monde, précisément, ou en tout cas pas mal de monde.

Et quand on a fait ça tout seul dans son coin, parce qu'il faut bien le dire, c'est quand même plus facile quand on a que soi à convaincre, eh bien, disons que c'est là que les ennuis commencent.

Après une période de célibat d’une longueur variable, parsemée de rencontres aussi brèves que, hum, foireuses, on décide alors (ou pas, hein, c’est vous qui voyez…) de se lancer dans une grande aventure : les rencontres en ligne.

Là, plusieurs possibilités s’offrent à vous : soit vous envisagez avec difficulté le fait de vivre (et éventuellement de procréer) avec quelqu’un d’autre qu’un végane ou un végétalien. Dans ce cas, c’est simple, il ne vous reste plus qu’à trouver la perle rare (= quelqu’un qui vous plait et à qui vous plaisez), et je vous souhaite beaucoup de courage dans cette entreprise qui pourrait bien s’avérer être, comment dire… l’œuvre d’une vie.

Soit vous décidez de tenter le coup avec des omnivores ou des végétariens, parce que c’est pas bien d’être sectaire et replié sur ses convictions, que cette personne a l’air sympathique et ouverte d’esprit, et que comme dit toujours votre grand-tante Gisèle, qui ne tente rien n’a rien.

Première option : l’omnivore a priori « intéressé » par votre « démarche ». Ou du moins, c’est ce qu’il a affirmé lorsque vous avez dialogué. Ca va se gâter assez vite. On constate quand on le rencontre que soit l’individu en question n’avait tout simplement pas bien saisi le concept du véganisme (faites un dessin la prochaine fois, c’est plus sûr...), soit qu’il a juste fait semblant d’être intéressé parce que à la base, ce qu’il veut, c’est vous mettre dans son lit, et qu’il n’en a absolument rien à secouer de vos beaux principes. S’ensuivra alors une litanie de lieux communs à base de lions mangeant des gazelles, de cris de carottes, de carences en protéines, de sectes et d’impuissance sexuelle, sans oublier bien sûr le fait que c’est très mal d’imposer des choses à ses enfants. Genre, dès qu’il sait marcher, le gamin, tu lui files les clés de la voiture, comme ça, il va au supermarché faire ses courses, et il achète ce dont il a envie. Et s’il a envie de se cuisiner un cassoulet, eh ben il se cuisine un cassoulet. Parfaitement. C’est ça, ma petite dame, l’éducation moderne. Quelle idée, vouloir transmettre ses valeurs les plus essentielles à ses enfants, vraiment…

Deuxième option : le végétarien. Alors je ne doute absolument pas que l’immense majorité des végétariens se comportent de façon amicale lorsqu’ils sont faces à un végane, mais j’ai malgré tout constaté que certains d’entre eux se montraient encore beaucoup plus agressifs et sur la défensive qu’un bon vieil omnivore. Ce qui est finalement assez logique : l’omnivore ne se sent pas franchement concerné, il peut donc vous considérer (parfois) avec bienveillance, à condition que vous n’essayiez pas de le « convertir », hein, faut pas pousser non plus. Le végétarien, lui, est face à une personne qui a en général suivi la même démarche que lui mais est allée au bout (ben oui, je vais encore me faire des copains, mais le véganisme, ce n’est pas de l’extrémisme, c’est de la cohérence, rien de plus). Et qui donc lui rappelle, même sans le vouloir, que lui, il n’y est pas allé, au bout. D’où une nouvelle litanie où s’entremêleront cette fois joyeusement les vaches qui font joli dans les prés, les moutons qui mangent l’herbe dans la montagne parce que sinon, ça va pousser et alors on pourra plus aller où on veut comme on veut, les chaussures sans cuir qui font transpirer, les pulls sans laine qui tiennent pas chaud, et le fromage de la ferme d’à côté qui est si bon et ils sont très gentils avec leurs chèvres, d’abord. Gageons que là aussi, après peut-être une tentative de discussion si vous êtes dans un bon jour, les choses vont se terminer assez prématurément.

Troisième option, de très loin la pire : l’ancien végétarien/végétalien (il doit exister d’anciens véganes, mais c’est plus rare). Tout plein de naïveté et d’innocence, vous vous êtes dit que c’était quelqu’un avec qui vous aviez des tas de choses en commun, et qu’il n’aurait sûrement besoin que d’un léger encouragement pour repartir dans la bonne voie. Ha. Quelle bonne blague. Il n’y a rien de pire qu’un ex-végé. Parce qu’il a essayé, et qu’il a laissé tomber. Et ce, pour une foule de raisons, mais maintenant, il veut absolument vous démontrer par a+b que ça n’est pas possible. En niant plus ou moins au passage votre existence et celle des millions d’autres végéta*iens présents sur la planète. En général, il vous exposera une théorie fumeuse comme quoi l’absence de je ne sais trop quelle molécule obscure qui n’est présente que dans la viande entraine la fonte des muscles, si, c’est vrai, c’est son médecin généraliste qui lui a dit (le problème n’étant bien sûr pas du tout qu’il ne se nourrissait que de laitue et de haricots verts…). Il conserve tout de même un petit fond de culpabilité (du moins si les raisons de son végétarisme avaient une base éthique) et aura à cœur de vous convaincre qu’il a essayé mais que ça n’est pas possible, et que donc il est, quand même, quelqu’un de formidable.

***

Demain, pour me réconcilier avec Noël qui approche et qui est toujours un agréable moment à passer pour les célibataires, je vous fais des petits biscuits rouges et blancs très jolis à mettre sous le sapin.