15 novembre 2015

Chroniques #1 : L'invitation à dîner

Vous avez fait une erreur. Une grosse erreur. Tout ce qu’il ne faut pas faire. Vous le regrettez maintenant amèrement, mais c’est trop tard, vous y êtes jusqu’au cou, et sans échappatoire possible, à part peut-être en simulant un malaise, mais le théâtre, c’est pas trop votre truc. Alors voilà, il va falloir assumer et faire en sorte de vous sortir de ce mauvais pas.

Vous avez accepté une invitation à dîner chez des omnivores pur jus qui pensent que le véganisme est un genre de maladie tropicale, vous connaissent à peine et ne savent donc pas quel animal étrange vous êtes. Bien sûr, vous n’avez rien précisé lors de l’invitation, c’est délicat tout de même : « Mais volontiers, samedi soir à 20h, pas de problème, et vous comptez faire quoi à manger ? Une choucroute ? Ah, c’est ennuyeux… ». Vous n’avez pas non plus rappelé vos hôtes quelques jours avant le fameux dîner pour éclaircir les choses, parce que c’est toujours aussi délicat: « Et cette choucroute, heu, vous la cuisinez au saindoux, ou à l’huile d’olive ? » Mais c’est bien fait pour vous, quelle idée aussi d’aller vous fourrer dans ce guêpier.

Arrive l’apéritif. Prévoyant, vous monopolisez les olives et les cacahuètes, essayant d’emmagasiner les calories. Là, vous avez encore une dernière chance de vous en sortir à peu près dignement en allant faire un tour à la cuisine pour informer la personne aux fourneaux de vos extravagances alimentaires et essayer de voir si vous pouvez d’une façon ou d’une autre regrouper sur une assiette certains éléments comestibles du repas. Demandez d’abord ce qui sent si bon (oui, même si l’odeur vous soulève le cœur, de la politesse, que diable) : s’il s’agit d’une bouillabaisse, d’une tartiflette ou d’une fondue trois fromages, vous pouvez retourner à vos olives ; pas d’espoir de ce côté-là.

Si vous avez laissé les choses s’envenimer au point de vous retrouver assis à table sans avoir abordé le sujet, eh bien il n’y a plus grand-chose à faire pour vous. Vous filez un très mauvais coton. Pas parce que votre assiette va certainement rester vide ; sauter un repas, surtout après avoir avalé l’intégralité des apports quotidiens caloriques recommandés sous forme de chips et d’amandes grillées n’a jamais tué personne, au contraire. Mais parce que TOUT LE MONDE va remarquer que votre assiette est vide. Et en premier vos hôtes, qui vont a) vous en vouloir de ne pas manger ce qu’ils ont préparé b) se sentir coupables d’avoir un invité qui n’a rien dans son assiette.

Comme bien sûr ils ne voudront rien entendre de vos : « Mais ça n’a aucune importance, de toute façon je n’ai plus vraiment faim » et autres : « Surtout ne vous cassez pas la tête pour moi », il s’ensuivra une longue exploration de la cuisine destinée à mettre la main sur quelque chose qu'ils pensent que vous pouvez manger, et vous finirez attablé devant une boite de pois chiches d'un kilo ou un saladier de riz nature, qu’il vous faudra bien sûr terminer tout en exprimant bruyamment votre satisfaction.

Si vous avez de la chance et tombez sur des convives suffisamment polis (ou amorphes) pour lâcher l’affaire, l’incident sera clos (enfin, jusqu'au dessert, lorsque vous refuserez la mousse au chocolat…). Sinon, à l’humiliation déjà subie s’ajoutera probablement une interminable discussion générale sur votre mode de vie lorsque le gros type rougeaud assis en face de vous lancera, en mâchonnant son entrecôte : « Végétalien ? Quelle tristesse… » et que vous ne pourrez pas vous empêcher de répondre qu’effectivement, rien n’est plus follement gai qu’un abattoir ou un élevage industriel.

Une fois rentré chez vous et occupé à terminer une délicieuse tarte aux fraises maison, vous vous direz que le point positif de l’affaire, c’est que la prochaine fois, vous penserez à préparer le terrain avant de vous lancer dans ce genre d’aventure. Et l’autre bonne nouvelle, c’est que vous n’aurez pas besoin de trouver une excuse pour éviter de retourner manger chez ces gens, parce qu’il y a vraiment très peu de chances qu’ils vous invitent à nouveau.

31 octobre 2015

Brèves de standard

En ce moment, pour quelques semaines et parce que j’ai besoin de sous (vraiment dommage que les véganes ne se nourrissent pas réellement d’herbe, de pommes de pin et de cailloux), je fais un boulot à la con. Je suis téléopératrice dans une société de chauffage. J’ai un casque-micro sur la tête, un truc qui passe l’envie de se coiffer joliment le matin parce que ça s’accroche et vous tire des mèches dans tous les sens, mais qui permet d’avoir la paix parce que les gens ne savent jamais très bien si vous êtes en ligne en train d’écouter quelqu’un vous raconter sa vie, ou juste en train de rêvasser à un avenir meilleur.

Je prends en majorité des demandes de dépannage, c’est un peu le bureau des plaintes et des réclamations. Trop froid ou trop chaud, douches glacées ou bouillantes, pannes de VMC et champignons dans la salle de bain, fuites plus ou moins spectaculaires, et puis ceux qui ne peuvent pas dormir parce qu'ils entendent l'eau couler dans les radiateurs ou le bruit de la chaudière située dix étages plus bas... Des gens gentils, d’autres pas du tout, des patients, des énervés, des lents, des excités, des bizarres, des malades, des dépressifs…

Une personne sur trois, à la louche, ne connaît pas par cœur son numéro de téléphone. L’a noté quelque part, mais jamais à côté de l’endroit d’où elle téléphone, par exemple sur un papier rangé au fond de son sac à main (les petites mamies) ou dans une pièce de l’appartement où ça ne capte pas. Il y a aussi ceux qui le connaissent pas bien mais qui tentent quand même, se mélangent les pinceaux pendant cinq minutes  - 69, non, 39, non 69, enfin 79 ! - puis s’énervent parce qu’on leur fait répéter

Best-of :

« Ben je m’appelle jamais. »

« J’en ai changé l’année dernière. »

« Attendez, je cherche un crayon. » Pour quoi faire, pour l’écrire sur le mur une bonne fois pour toutes ?

Il y en a aussi qui ne savent pas très bien où ils habitent… Ils doivent déménager souvent, en plus de changer tout le temps de numéro de téléphone… Ou alors ils s’écrivent jamais…

Et puis il y a les gens qui donnent leur adresse, leur nom ou celui de leur société à toute vitesse, et refont pareil quand on leur demande de répéter. Si on a pas compris la première fois, la deuxième ça sera pareil. Et la troisième aussi.

Ceux qui appellent avec la télé à fond, et qui vous font tout répéter. Ou avec les gosses à fond. « Mon chéri, arrête, tu vois bien que maman est au téléphone » (efficacité = zéro), ou version trash, « Putain tu vas la boucler, j’entends rien à c’qu’elle me dit ! » (efficacité = idem). 

Ceux qui vous rendent dingue : ‘Madame, vous n’avez pas besoin d’un dépannage, vous avez bien la température contractuelle de 19°C chez vous, vous venez de me le dire’. – ‘Mais je veux que le technicien passe quand même chez moi, j’ai mis le thermostat à 21°C, ça devrait monter à 21°C’. – ‘Mais Madame, je viens de vous dire que vous n’aviez pas de panne, que vous avez la température prévue dans votre résidence, c’est réglé comme ça en chaufferie, ça montera pas plus haut, même si vous mettez votre thermostat sur 35°C’ – ‘Oui eh bien vous dites à un technicien de venir me régler le chauffage, j’ai mis sur 21°C et j’ai que 19°C’………………

Ceux qui n'ont pas de thermomètre (99%). C'est sûr qu'à 3 euros en moyenne, c'est un gros investissement, comparé à un écran plat ou au dernier smartphone. On tombe alors dans des notions extrêmement vagues de ressentis subjectifs de la température ambiante de l'appartement, à coups de « Je gèle », « Il fait plus chaud chez ma voisine », « Mon bébé a les pieds froids, donc il fait moins de 19°C », ou encore « Je suis obligé de mettre un pull chez moi. » En novembre. Scandaleux, vraiment.

Ceux qui appellent, ne disent rien pendant 20 bonnes secondes, et ont finalement l’air étonnés de vous avoir au téléphone. Genre, en fait c’est vous qui les avez appelés, et ils ne savent pas particulièrement pourquoi. 

Ceux qui font des enquêtes téléphoniques, ont deux de tension et le niveau d’élocution d’un enfant du même âge, vous posent plein de questions sans intérêt en butant sur les mots (alors que non de non, ils sont pas censés répéter les mêmes phrases toute la journée ??), et s’énervent quand vous leur dites que vous n’avez pas le temps et d’autres lignes qui sonnent.  

Et puis le top du top : les affreuses méchantes aigries qui gueulent dans le fond pendant que le mari ramollo téléphone (probablement avec le haut-parleur). « Elle est blonde, cette gourde ? » « Mais elle comprend rien celle-là, c’est pas possible ! »

Le soir, quand je sors, je suis toute remplie d’amour pour l’espèce humaine…  

18 octobre 2015

Terrine de champignons

Résultat d'une improvisation totale à la fin d'une journée marathon en cuisine, testée et approuvée devant Planète Sauvage le 10 octobre, cette terrine de champignons est parfaite dans des sandwichs avec de la salade et des fines herbes, ou tartinée sur du bon pain grillé à l'apéritif...



500 g de champignons de Paris
1 grosse échalote
8 cl de vin blanc sec
1 sachet (5 g) de soupe instantanée aux cèpes Potabio
150 g de tofu soyeux
1 c. à café d'oignon désydraté
2 c. à soupe de levure de bière
3 c. à café de tamari
huile d'olive
sel
thym

Faire revenir l'échalote hachée dans de l'huile d'olive. Ajouter les champignons coupés en tranches et faire revenir jusqu'à ce qu'ils commencent à dorer. Ajouter un peu de thym, saler.

Mixer avec le reste des ingrédients jusqu'à obtenir une texture lisse. Verser dans un plat à four ou un moule à terrine graissé, égaliser le dessus avec une spatule, et cuire 30 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

Bon tiède ou froid. Se conserve au frais quelques jours. 


3 octobre 2015

Le tofu pour les nuls

Suite au récit de deux amis en transition vers le végétalisme de la première apparition - légèrement désastreuse - du tofu dans leur cuisine et leur assiette, voici quelques conseils de base destinés aux débutants cherchant à apprivoiser, et si possible manger, cette drôle de pâte blanche.




D’abord, on ne le répètera jamais assez : LE TOFU NE SE MANGE PAS TEL QUEL !!! A part dans la soupe au miso japonaise dans laquelle vous n’avez qu’à balancer vos dés de tofu - du tofu type Mori-Nu, attention, c'est-à-dire un tofu ferme soyeux, qui ne se trouve en France que dans les épiceries asiatiques… je sens que je viens déjà de perdre du monde en route !

On oublie la soupe au miso. Vous en mangerez au resto. Il y a – en France – deux grandes catégories de tofu : le ferme et le soyeux. Les deux se trouvent principalement en magasin bio (je ne peux que vous conseiller d’éviter le tofu longue conservation Bjorg vendu en GMS, au goût et à l’odeur franchement bizarres). Et puis après on a toutes les préparations à base de tofu, toujours vendues en mag bio, genre Croq’ Tofu (horreur !) ou, nettement mieux, les ‘steaks’ de tofu Taifun, ou encore les tofus aromatisés Tossolia

Mais donc, que faire avec du tofu nature. Le soyeux est à utiliser en remplacement des œufs (combiné quand même à autre chose comme de la fécule ou de l'agar agar), dans les flans, crèmes, appareils à tarte, clafoutis, cheesecakes, etc… 

Le tofu ferme peut se cuisiner de quantités de façons différentes, mais comme j’essaie de rendre les choses simples, je vous propose quelques techniques pas compliquées et ne nécessitant pas une liste d’ingrédients longue comme le bras ou à aller chercher aux quatre coins de la ville.

Deux grandes options : le mariné et le pas mariné. L’option 2 a l’avantage d’éviter le temps de pause obligatoire de la marinade et donc de pas devoir prévoir quinze plombes à l'avance ce qu'on va manger.

A) On commence par le tofu pas mariné, tel quel, juste sorti du paquet : 

1) Emietté (pas trop fin), et sauté à la poêle dans de la matière grasse jusqu’à ce qu’il soit bien doré et croustillant. 




Quand c’est bon, hop, on ajoute de la sauce soja / tamari / shoyu, et des épices au choix : ail déshydraté, paprika, cumin, herbes diverses, curcuma, curry… puis servir dans une assiette de céréales et de légumes, sur des pâtes, avec des légumes sautés et des pâtes asiatiques… Quelques recettes utilisant cette technique : 


2) Coupé en petits cubes, et sauté à nouveau à la poêle avec de la matière grasse, jusqu’à ce que les côtés soient bien dorés (pas besoin de faire tous les côtés, retourner une fois c’est bien). Quand c’est fait, on baisse le feu au minimum, et on ajoute ail et oignon déshydraté, puis de la levure de bière en paillettes, on mélange bien et on ajoute de la sauce soja en répartissant sur les cubes. On mélange pour enrober les cubes, et c’est bon. Très bon avec du riz, une céréale, des pommes de terre vapeur ou en purée et des légumes cuisinés à la provençale (tomates, courgettes, aubergines…). Recette ici.




B) Tofu mariné : consiste à faire reposer le tofu (déjà coupé en cubes, tranches, petits cœurs ou ce qui vous fait plaisir) dans une marinade pour lui donner du goût AVANT de le faire cuire. On pourra ensuite rajouter une partie de la marinade dans la poêle en fin de cuisson. Le temps de pause est variable, sachant que plus vous attendrez, plus votre tofu aura du goût. Vous pouvez par exemple tout préparer le soir, mettre au frais, et cuire votre tofu le lendemain midi. Ou à midi pour le soir. Les possibilités de marinades sont presque infinies, mais je vous en propose deux assez basiques :

- Asiatique : sauce soja + ail écrasé + gingembre frais râpé + jus citron + un peu d'eau. Vous pouvez aussi ajouter un peu de sucre ou sirop d’agave pour un côté plus sucré - salé. 

- Italienne : concentré de tomate ou sauce tomate + huile d’olive + herbes Provence ou thym + oignon poudre + sel + jus de citron + un peu d’eau.

Une fois le tofu mariné, vous le faites dorer à la poêle, et c’est fini. Vous pouvez rajouter un peu de la marinade dessus dans votre assiette ou l’utiliser pour assaisonner ce qui accompagne votre tofu (céréales, pâtes, légumes…). 




18 septembre 2015

En direct du trou noir de la crétinerie administrative

Certains d’entre vous le savent, j’ai mis fin l’année dernière à une longue relation avec la Fonction Publique, pour finalement, après quelques péripéties hivernales, retomber dans les bras visqueux d’un autre monstre administratif, Pôle Emploi. 

Avant de dire adieu à cette chère Fonction Publique, j’ai tout de même pris la précaution, en cas de malheur, de demander ma mise en disponibilité, parce que selon certains, dont mes supérieurs, ça pouvait servir, et pas qu’un peu. Comme ça coutait pas plus cher, j’ai demandé, et obtenu, cette fameuse mise en disponibilité. 

Pendant la première année, ça n’a eu strictement aucun effet, positif ou négatif, mais comme encore une fois ça ne coutait pas plus cher que le prix d’un timbre, j’ai demandé le renouvellement pour un an de ce statut. Et c’est là que mes ennuis ont commencé. 

D’abord, je tiens à préciser que le fait d’être en disponibilité, à part si vous retournez dans votre collectivité d’origine, mais si je suis partie c’est pas pour rien, n’est absolument d’aucune utilité pour retrouver un emploi ailleurs dans cette fameuse fonction publique. 

Ce qu’il faut en revanche savoir, c’est que ce statut, en plus de ne vous apporter aucun avantage et d’embrouiller vos conseillers Pôle Emploi, va par contre sérieusement vous pourrir la vie.

Cas n° 1 : vous souhaitez effectuer une formation, pour devenir plus compétent dans quelque chose et avoir une chance de trouver du boulot. Vous appelez votre conseillère Pôle Emploi, qui vous demande d’une voix flûtée si vous avez sous la main votre attestation de compte DIF, qui, elle ajoute, s’est transformé en CPF le 1er janvier 2015, et que votre collectivité d’origine était censée vous avoir transmis à l’occasion de ladite transformation. 

Bien sûr, vous ne l’avez pas, appel à votre collectivité qui miraculeusement vous renvoie l’attestation le jour même (je sais, ça devrait figurer dans le Guinness…), ce qui vous permet de vous précipiter, plein d’allégresse, sur le site du gouvernement vous permettant de transformer votre DIF en CPF.
Et là, au moment où vous cliquez sur Valider, un petit encart vous informe que si d’aventure vous êtes fonctionnaire, votre DIF ne se transforme pas en CPF mais reste un DIF et merci de contacter les autorités compétentes.

Re-téléphone à la Conseillère. Laquelle dit que oui, effectivement, dans ce cas, il faut qu’on contacte notre collectivité d’origine, qui gère notre DIF et nos formations passées et futures.
Et deux jours plus tard, notre collectivité nous indique que ‘Chère Madame, étant actuellement en disponibilité, vous ne pouvez pas bénéficier de vos heures DIF et devez au préalable réintégrer la collectivité pour pouvoir le faire.’

Je ne crois pas me tromper en disant que le cas n° 1 se passe de tout commentaire.


Cas n° 2 : votre année de disponibilité se terminant le 31 juillet, vous avez prudemment envoyé votre demande de renouvellement début juin, considérant que c’est laaaarge. Début septembre, vous n’avez toujours pas de réponse malgré quelques relances, et c’est là que Pôle Emploi, dans sa sagesse incomparable, décide de vous couper les vivres parce que vous ne lui avez pas transmis le courrier de renouvellement de votre disponibilité. 

Si le Dr. Who lit mon blog, j’ai besoin du Tardis pour retourner dans le passé et aller

1) déchirer ma lettre de demande de mise en disponibilité

2) casser la gueule au gars qui a inventé l’administration. Je sais pas qui c’était, ni pourquoi il en voulait autant à l’humanité, si c’était parce que sa maman l’avait pas assez embrassé ou lui avait un peu trop tapé la tête contre le mur de la caverne, mais franchement, mec, ce jour-là, t’aurais mieux fait de rester au lit.
   


14 septembre 2015

VegFest breton

Bon, voilà, j'ai encore disparu pendant un mois, ça va pas du tout. Bientôt sur le blog, quelques conseils d'amie pour organiser une grosse vente caritative de gâteaux vegan sans devenir dingue, mais aujourd'hui je reviens tout juste du VegFest breton, organisé par le Collectif Antispéciste BMO, et j'ai réussi à récupérer suffisamment pour vous faire un petit post sur le sujet. 

Alors je sais pas trop quand et où a eu lieu le premier VegFest, difficile de trouver des infos sur le net, si quelqu'un a envie de prendre ça comme sujet de thèse, mais l'un des précurseurs en Europe est sûrement celui de Bristol au Pays de Galles, lancé en 2003, et qui est devenu aujourd'hui un méga évènement (ok, seulement sur la planète vegan, mais moi c'est sur cette planète que j'habite) et le plus gros rassemblement vegan d'Europe. 

En France on est comme d'habitude totalement à la ramasse sur le sujet, mais des petits évènements commencent à voir le jour ici et là, et comme Landeleau, Finistère, c'est pas trop loin de Nantes, sans être exactement à côté, on est partis là-bas célébrer le véganisme, boire de la bière bretonne artisanale non filtrée et écouter des concerts de rock arnarcho-punk allemand. 

Le lieu est très agréable, en pleine campagne et au bord d'une rivière, avec un grand terrain pour planter la tente, des toilettes, et... c'est tout ! Mais on va pas à un festival pour prendre des douches et être propre, on y va pour la boue, le bordel jusqu'à 6 heures du mat et le café à la poêle le matin parce qu'on a oublié les casseroles. 

Tout était plus ou moins en prix libre, à part la bière, avec des bénéfices entièrement reversés à un refuge pour animaux de ferme sauvés de l'abattoir. Au programme, ateliers cuisine, cosmétiques, sérigraphie, cueillette de plantes comestibles, coloriages pour les marmots, de la doc végane, des stands avec quelques trucs à vendre, une cantine vegan avec le choix entre une assiette de crudités et falafels ou un kebab vegan au seitan (très bon, je me suis juste jetée dessus avant de penser à prendre une photo...). Des rumeurs ont couru sur l'existence de glaces et de desserts, mais on les cherche encore. Et le soir, ouverture du bar et concerts qui font bien du bruit. Au final, un public très anarcho-punk comme la musique (jamais vu autant de blousons à pointes) mais une bonne ambiance générale sous le soleil de Bretagne. 


















10 août 2015

Gâteau meringué aux amandes et aux groseilles

Ca a été long, mais on y est arrivé ! Tout a commencé un jour de juillet, quand j'ai vu sur le groupe Facebook Vegan Meringue - Hits & Misses ("réussites et ratages") la photo d'un splendide gâteau allemand au nom imprononçable que je me suis aussitôt empressée d'oublier et que je n'ai pas réussi à retrouver depuis, pas plus que le post en question. J'avais ouvert le lien dans un onglet différent, mais Windows a peu après décidé que ça serait une bonne idée de faire une de ces saletés de mises à jour qui démarrent d'un coup en vous laissant environ une micro-seconde pour sauvegarder tout ce que vous étiez en train de faire. "Voulez-vous enregistrer vos modifications ?" "Oui ? Non ? Trop Tard !! Dommage !!" Bref, je ne pourrai jamais vous donner le nom de ce gâteau allemand. J'ai cherché "Johannisbeere Kuchen" ("gâteau aux groseilles" pour les non germanistes), mais ça n'a pas aidé, ça ne me donne que ça, justement, des recettes de Johannisbeere Kuchen, mais pas du Johannisbeere Kuchen que je cherche, qui est un Johannisbeere Kuchen mais qui ne s'appelle pas comme ça. Les allemands sont des gens compliqués.

Et donc en fait, cette photo de gâteau meringué aux groseilles m'a tout de suite fait penser avec beaucoup de nostalgie à mon dessert préféré, période pré-véganisme : la tarte meringuée aux groseilles de ma soeur. Une institution, préparée une fois par an après la récolte de groseilles (et vallait mieux pas la faire plus souvent, vu la puissance calorique de la chose), composée d'une pâte sablée, d'une crème aux amandes, le tout surmonté de meringue et des groseilles. Fermez les yeux, et imaginez la splendeur de toutes ces saveurs et textures, sucré régressif de la meringue, profondeur des amandes, acidité parfumée des groseilles...  

Inspirée par notre gâteau allemand, j'ai un peu simplifié et allégé tout ça, mais en gardant l'essentiel, je dirais même l'essence de la tarte, le trio gagnant amandes-groseilles-meringues, avec une base de biscuit moelleux aux amandes (petites modifications sur cette recette), recouverte de meringue végane à base d'aquafaba (jus de pois chiches, mais c'est tellement plus joli) et de groseilles. 






Pour un plat à tarte ou un moule rond de 27 cm de diamètre. 


** Biscuit moelleux aux amandes

140 g de farine
50 g d'amandes en poudre (sans la peau)
80 g de sucre blond
1/2 mesure c. à café de substitut d'oeuf NoEgg Orgran
1 pincée de bicarbonate
1 c. à café de levure chimique
sel

15 cl de lait de soja
2 c. à soupe de yaourt de soja
8 cl de margarine fondue (ou d'huile de colza)
1/2 c. à café de vinaigre de cidre
1 c. à café de vanille liquide
1,5 c. à café d'extrait d'amande amère


** Meringue 

100 g d'aquafaba (jus de cuisson de pois chiches) mis au frais pendant quelques heures
150 g de sucre glace
quelques gouttes de vinaigre de cidre, ou une pincée de crème de tartre

groseilles (environ 250 g)


Préparer le biscuit aux amandes :

Préchauffer le four à 180°C. 

Passer la poudre d'amandes au mixer ou blender pendant 1 minute pour obtenir une texture plus fine.

Comme pour une pâte à muffin, mélanger le sec d'un côté et le liquide de l'autre. Ajouter le liquide au sec, mélanger juste assez pour incorporer la farine, puis verser dans un moule rond graissé et cuire 20 à 25 minutes à 180°C.

Sortir le gâteau et baisser le four à 140°C.

Laisser refroidir dans le moule. Pendant ce temps, préparer la meringue :

Mettre l'aquafaba dans un grand bol mélangeur, ajouter le vinaigre, et battre au batteur électrique jusqu'à obtenir une texture très ferme, qui ne bouge pas si on penche le bol.



Ajouter ensuite petit à petit le sucre glace en continuant de fouetter pendant quelques minutes. La préparation va devenir brillante et assez collante.



Mettre un tiers de la meringue de côté, puis ajouter les groseilles aux deux tiers restants, et mélanger délicatement avec une spatule souple.



Répartir le mélange meringue - groseilles sur le gâteau à la cuillère (pas grave si il est encore chaud).

Ajouter ensuite par dessus la meringue sans groseilles réservée, à la poche à douille si vous avez en faisant des jolis motifs, ou sinon toujours à la cuillère ou à la spatule.




Remettre au four pendant 15 minutes à 140°C, pas trop haut sinon votre meringue va brûler. Surveiller attentivement et baisser le four ou ouvrir la porte si ça va trop vite. Le dessus va former une petite croûte mais le reste de la meringue va rester très mou.

Laisser refroidir complètement avant de servir. Pour couper plus facilement des parts, huiler la lame du couteau avec un bout de papier absorbant entre chaque part.