Il y a un an (presque jour pour
jour, curieusement), je m’étais réveillée avec des idées plein la tête que j’avais
eu envie de vous faire partager. Il en était ressorti que comme vous l’aurez
sans doute remarqué, l’homme a au cours des siècles adopté envers les animaux
un comportement passablement incohérent, en en emmenant certains chez le
coiffeur (toiletteur, pardon) tout en se délectant des morceaux du cadavre d’un
autre. Le summum de l’incohérence étant atteint avec le lapin, tout à la fois
aliment et animal de compagnie, et ce dans le même pays.
Cette incohérence est tout de même
basée sur une chose qui est probablement l’un des fondements de l’humanité :
le désir de domination. De son conjoint, de ses enfants, des gens autour de soi
- par exemple en ayant plus d’argent et donc une plus belle voiture - des
autres peuples, et, forcément, des animaux. L’homme s’étant auto-proclamé
non-animal et au-dessus de tout le monde, aucune créature n’a plus été à l’abri.
Elimination des plus forts (trop dangereux), tandis que les plus faibles sont
réduits en esclavage et massacrés chaque jour, l’homme ayant déployé des
trésors d’imagination pour que chaque partie de leur corps soit exploitée au
maximum.
Qu’est-ce qu’on dit aux enfants,
pour qu’ils mangent leur viande et boivent leur lait ? « C’est pour
que tu sois fort. » Un fier représentant de l’espèce dominante.
Et si nous avions la conscience
si tranquille sur tout ça, pourquoi nous donnerions-nous tant de mal pour
cacher la réalité de notre exploitation des espèces domestiquées ? La
peur, la souffrance, le sang, la lutte, les hurlements, les coups ? Pourquoi ne
pas dessiner le cadavre d’un cochon sur les paquets de jambon, la gorge tranchée,
en train de se vider de son sang ? Ou bien la photo d’un cochon bien
vivant, avec son prénom, sa date de naissance et de mise à mort ? Réponse :
parce que les gens n’en achèteraient plus. Sans commentaire.
La violence des réactions
auxquelles les végéta*iens sont régulièrement confrontés montre d’ailleurs bien
qu’on touche à un point extrêmement sensible. Remise en cause des notions de
bien et de mal communément admises, rappel de la tuerie derrière le morceau de
viande dans l’assiette. La justification de cette mise à mort (« J’en ai
besoin pour vivre ») vacille dangereusement face à celui qui est la preuve
vivante du contraire. On se rabat alors sur l’affirmation de son plaisir
personnel : « La viande, c’est bon ». Que dire alors d’un homme
qui prend plaisir à taper sur sa femme ?
Le statut d’animal de compagnie n’est
finalement qu’une autre forme de domination, l’animal utilisé encore une fois
pour répondre aux désirs de son maître
humain, il n’y a qu’à apercevoir pour s’en convaincre un chien tiré sans
ménagement par sa laisse parce qu’il ne marche pas assez vite ou a eu envie d’aller
flairer un lampadaire. Sans parler du business des races et des pedigrees,
pendant que les refuges sont pleins d’animaux en attente d’adoption, mais on
veut un « », comme on veut une
Mercedes ou des tennis Adidas.
Je suppose que le chat vient
quelque peu brouiller les pistes, vu que presque toutes les personnes qui
vivent avec un chat et le traitent correctement en conviendront, impossible de
dominer ces petits félins farouchement indépendants. Mais disons que c’est l’exception
qui confirme la règle.
Mais tout ça pour dire que je
viens de revoir
la conférence de Gary Yourofsky, conférence que la plupart d’entre
vous on certainement déjà vue mais je mets quand même le lien au cas où (version sous titrée en français).
A part redire que cette
conférence, proposée aux étudiants de l’université Georgia Tech en 2010, est tout
simplement géniale et à mettre devant tous les yeux, j’avais envie d’en citer
quelques points en vrac, à ressortir dans les dîners mondains si vous y êtes
encore invités :
- il propose à tous ceux qui, non
convaincus par ses arguments, voudraient lui prouver qu’ils sont bien de grands
prédateurs et carnivores, le défi suivant : une fois la conférence
terminée, sortir sur le campus, repérer un écureuil, l’attraper sans aucune
arme ou aucun outil ou piège, le tuer avec ses dents, puis le manger entièrement,
cru, y compris les yeux, la fourrure, les boyaux…
Personnellement, je demande en général aux gens quelle serait leur première impulsion en apercevant un petit agneau dans un pré (une proie facile, a priori) : le caresser, ou l'égorger d'un coup de dents ?
- rappel des caractéristiques
physiologies des carnivores et omnivores. En bref, nous avons toutes les
caractéristiques des herbivores, ou plutôt frugivores, et aucune de celles des
carnivores. En particulier un intestin très long, dans lequel la viande passe beaucoup trop de temps avant d'être évacuée et en profite pour produire de chouette toxines. Et OUI, les animaux frugivores ont aussi des CANINES.
- présence dans le lait de vache
de composants proches de la morphine, destinés à rendre le veau « accro »
au lait de sa mère. Marche apparemment aussi sacrément bien sur les humains.
Présence aussi dans ce lait de quantité de pus, conséquence des infections des
mamelles dont souffrent les vaches.
- rappel du mécanisme reliant la
consommation de protéines animales et l’ostéoporose. Pour simplifier, ces
protéines acidifient le sang. Cet état acide étant à terme incompatible avec la
vie, le corps va pour le neutraliser puiser dans la seule source de phosphate
de calcium disponible dans le corps : le squelette. Le phosphate de
calcium est ensuite éliminé dans les urines.
Bref, si vous n’avez pas encore
vu cette conférence, faites-le. Si comme moi vous êtes déjà totalement
convaincu(e) et ne supportez pas ce genre d’images, rien ne vous empêche de
passer les deux vidéos de quelques minutes diffusées pendant la conférence, l’une
sur la réalité des abattoirs, et l’autre tournée dans un élevage de vaches
laitières.
Mais oui, au fait, c’est vrai, tout ça, ça ne se passe qu’aux Etats-Unis,
chez les sauvages. Ici, en France, les animaux sont très bien traités, même que
les fermiers font des massages à leurs vaches pour qu’elles donnent un meilleur
lait. Si, je vous assure, j’ai vu ça à la télé l’autre jour… Si c’était à la
télé, ben c’est forcément vrai. Non ?